
centre culturel
les Fosses d'Enfer

Benjamin Genissel est critique, photographe et vidéaste. Diplômé en Arts du spectacle et en Cinéma documentaire à Caen et à Paris, il a exposé plusieurs fois ses séries photographiques et réalisé quelques films sélectionnés dans des festivals en France et à l’étranger.


Depuis fin décembre 2005, date à laquelle je me suis offert mon premier appareil-photo compact numérique, je n'ai jamais cessé d'investir le monde réel extérieur en photographe de rue. Pratique quotidienne, constante, passionnelle. Et pratique qui se retrouve en cohérence dans cette série en plusieurs actes. Depuis la première exposition en 2009 de La couleur du hasard, tout est exactement pareil : même modèle d'appareils, même type d'images en couleur, même format de tirages, même scénographie.
Cette exposition aux Fosses d'enfer est donc une sorte de rétrospective. Elle mélange les quatre moutures constituées d’une sélection de photos prises en presque 20 années. Elle demeure en phase avec ses principes de base, l'objectif étant de continuer à rester tout en constance sur le même sillon : exposer des images prises à la dérobée des gens que l'on a croisés, comme on découpe de courts poèmes dans la banalité du quotidien.
Car en réalité, si l'appellation n'avait pas déjà été prise, cette série aurait pu s'appeler "Images à la sauvette" ! Sans le même talent que le grand Cartier-Bresson, il s'agit finalement d'une démarche assez similaire. Puisqu'au final, on obtient des petits instants dont la visée peut être le rire, l'attendrissement, l'identification, le sourire triste, ou tout cela à la fois. Sans doute est-ce une façon de faire passer ma propre admiration face au spectacle incessant et souvent poétique qu'offre la réalité la plus immédiate, la plus directe.
La couleur du hasard offre toutes ces vues sans souci d’ordre ni de classification. Les tirages sont collés les uns à côté des autres. Comme un champ de couleurs et d’instants photographiques. Pas de cartel indiquant le lieu et la date de la prise de vue. L'aspect d'ensemble a l'allure d'une grande mosaïque. Il s’agit finalement de mettre à disposition ces images de la même façon qu'elles ont été prises, à la manière d'un marché immense dans lequel on vient glaner librement les aspects visuels qui nous émeuvent, nous touchent, nous interpellent.
L'exposition s'accompagne d'un essai sur la photographie de rue.

Les rendez-vous dans le cadre de cette exposition :
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Vernissage le vendredi 6 novembre à 18h
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Projection d’un film photographique inédit le samedi 28 novembre à 17h
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Rencontre avec Jean-Christophe Béchet le mardi 8 décembre à 18h