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Le travail de Florie Thomas repose sur une notion fondamentale : le processus. À travers une véritable mécanisation du corps et de l’esprit, l'artiste transforme un geste simple — semblable à ceux que l'on trace distraitement dans les marges ou lors d'un appel téléphonique — en une recherche plastique approfondie et méditative. Répété à l'infini jusqu'aux limites physiques du support, ce geste quotidien change d'échelle et devient le vecteur d’un voyage intérieur, guidé par le bruit de l'outil qui agit à la manière d'un chant chamanique. Plus que le sens des mots, c'est le plaisir pur de tracer, d'accumuler et de répéter la ligne qui nourrit sa pratique.

Pour matérialiser cette démarche, Florie Thomas accorde une importance capitale aux sensations physiques liées à ses outils. Elle privilégie le stylo à bille Bic pour sa douceur et sa capacité à mesurer le temps : la dégradation de l'encre au fil des kilomètres de tracé rend visible le passage des heures, une notion de distance temporelle que l'on retrouve parfois dans le titre de ses œuvres. En gravure à l’eau-forte, la glisse fluide de la pointe sur le vernis lui permet d'atteindre une finesse et une densité encore plus extrêmes, créant des motifs si serrés qu'ils provoquent chez le spectateur une vibration oculaire, un bourdonnement visuel captivant.

L'artiste alterne entre l'infiniment petit et la grande échelle, agrandissant parfois ces gestes machinaux pour les transformer en nœuds ou en signatures imposantes. Cette exploration dépasse la surface du papier pour s'incarner dans la troisième dimension grâce à la céramique et au bronze. Dessins et sculptures dialoguent ainsi continuellement : si le tracé au stylo incarne une distance et un temps mesurable, la sculpture met en relief l'espace en creux qui l'entoure, révélant la présence du vide et de ce qu'elle nomme le « temps perdu ».

Semestre 11

Mus par la volonté farouche de faire rayonner l’art et la culture en milieu rural, les élus ont à cœur de promouvoir la jeune création contemporaine là où elle s’exprime encore trop rarement.

Sensible à l’excellence des enseignements transmis à l’ÉSAM Caen-Cherbourg* et convaincue du talent de ses diplômé·es, l’équipe du Centre culturel des Fosses d’Enfer se réjouit du partenariat noué avec l’école. En accord avec la direction de l’établissement, nous avons ainsi proposé à l’un·e des dix lauréat·es du Semestre 11* de bénéficier de six semaines d’exposition au sein de notre structure.

Un jury, réunissant les membres de la commission culturelle communale et des personnalités qualifiées, s’est réuni pour étudier les candidatures reçues. Pour cette édition 2026, c’est Florie Thomas qui a remporté la majorité des suffrages.

*Depuis la rentrée 2021—2022, l’ésam Caen/Cherbourg propose à 10 jeunes lauréat·es du DNSEP de bénéficier pendant quatre mois supplémentaires après l’obtention de leur diplôme d’un accès aux ateliers techniques et aux ressources de l’école, d’entretiens individuels avec les enseignant·e·s et de conventions de stage. L’objectif de ce nouveau dispositif est de permettre aux diplômé·e·s de renforcer pendant ce "11e semestre" leur projet d’insertion professionnelle dans l’écosystème de l’art et du design.

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Centre Culturel des Fosses d'Enfer

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